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Coup de coeur voyageur 2015

Les 10 sites archéologiques à visiter absolument en Tunisie 2015-08-26

Grâce à son héritage phénicien, romain, arabe, byzantin et européen, la Tunisie regorge de sites archéologiques merveilleux. Amateurs de circuits découverte et culture ? Partez à la découverte d’un pays qui cache en ses terres les plus beaux trésors antiques.

1.  Le site archéologique de Carthage : Le « parc » des thermes d’Antonin : 

C’est l’ensemble le plus imposant et le plus riche du site archéologique de Carthage. Il se compose des thermes proprement dits, situés en bord de mer, non loin d’anciennes installations portuaires et, dans la direction opposée, de jardins renfermant des vestiges remontant à diverses époques de l’Antiquité.

Les thermes, considérés parmi les plus vastes de l’Afrique romaine, ont été mis en service sous le règne de l’empereur Antonin, en 165 ap J.C, après 15 ans de travaux initiés sous le règne d’Hadrien. Le monument s’élevait sur trois niveaux et était surmonté de nombreuses coupoles. Aujourd’hui, seuls des «îlots» subsistent de ce formidable édifice, en particulier, des vestiges du niveau inférieur, réservés au personnel et au service. Ils permettent cependant d’en entrevoir la grandeur et la magnificence. La visite en est facilitée grâce au fléchage au sol et à une signalétique élaborée.


2.  Le site archéologique de Bulla Regia :

On retrouve à Bulla Regia toutes les composantes de la cité romaine antique : temples, forum, bains publics, théâtre, etc. Certains de ces monuments, comme les thermes érigés au deuxième siècle, sont de taille imposante. Mais la plus grande originalité du site se présente sous forme de villas à étages : un niveau à la surface du sol, aujourd’hui passablement arasé mais dont subsistent de très beaux lambeaux de pavements en mosaïque, et un niveau en sous-sol, fréquenté en été pour lutter contre la chaleur torride qui sévit ici en cette période de l’année ; et cela nous a valu en héritage des demeures quasiment intactes avec de superbes pavements de mosaïque, dont l’éblouissant tableau dit de l’Amphitrite portée par un centaure marin, Neptune et deux génies ailés. En face du site : une aire de repos avec commodités et un petit musée de site en cours de réaménagement et qui renferme quelques unes des trouvailles faites sur place et éclaire de manière intelligente quelques aspects de la civilisation numide.


3.  Le site archéologique de Dougga :

Dougga, ou Thugga, est assurément le site archéologique le plus prestigieux de Tunisie. Plusieurs facteurs concourent à lui conférer une place à part dans le panorama archéologique tunisien : son emplacement sur un éperon dominant la riche vallée de la Mejerdah (Thugga, en langue libyque, signifie verdure), l’étendue du site qui s’étale sur plusieurs dizaines d’hectares et qui couvre plusieurs ères historiques, l’écrin de végétation – en particulier cette forêt d’oliviers plusieurs fois centenaires – qui l’entoure et, bien entendu, l’excellent état de conservation de la plupart des monuments qui le composent dont certains, tels le capitole ou le théâtre, ont été « remis sur pied » au cours d’une campagne menée au lendemain de la première guerre mondiale par des prisonniers de guerre. Donc, des « dolmens » jusqu’aux fortifications byzantines, toutes les étapes de la progression de l’histoire de l’Afrique antique sont illustrées sur le terrain par des monuments de belle facture, des édifices qui se placent parmi les plus élégants ou les plus achevés du bassin méditerranéen, tels le capitole, le théâtre, le mausolée lybico-punique, ou les superbes demeures patriciennes. Dougga a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité et érigée en parc archéologique national, ce qui lui vaudra un aménagement plus approprié et des services plus complets.


4.  Le site archéologique El Jem : L’amphithéâtre romain :

C’est le monument romain d’Afrique du Nord, de loin le plus imposant, sa silhouette ronde et massive s’élève dans une plaine plate et désertique qui le laisse voir à très longue distance, et cela, d’autant plus facilement que la localité qui s’est développée autour de l’édifice a évité les constructions en hauteur. C’est aussi l’un des ouvrages de son genre les mieux conservés, malgré les nombreuses vicissitudes qu’il a traversées dans le temps, en particulier le sévère bombardement au canon à boulets qu’il a subi à la fin du XVIIe siècle pour en déloger une tribu rebelle qui s’y était retranchée, ce qui provoqua une grande brèche dans le flanc de l’édifice.

De forme presque elliptique, le monument mesure 149 m de long sur 124 m de large et 36m de haut. Les gradins, aujourd’hui disparus et partiellement reconstitués, pouvaient accueillir jusqu’à 30.000 spectateurs, ce qui classe cet édifice en 7ème position après ceux de Rome, Capoue, Milan, Autun, Vérone et Carthage. L’arène, longue de 65m dans son grand axe, est traversée en sous-sol par deux larges galeries par lesquelles arrivaient acteurs, fauves et engins qui pouvaient être cantonnés dans deux séries de huit cellules souterraines. Longtemps réduit au seul rôle de monument historique, le Colisée d’El Jem est, depuis à peu près deux décennies, utilisé comme espace culturel accueillant, en été, le festival de musique symphonique d’El Jem et d’autres manifestations artistiques.


5.  Le site archéologique de Kerkouane :

C’est l’un des sites archéologiques les plus précieux de Tunisie, car l’unique, jusqu’à nos jours, dont la fondation remonte à l’époque punique – peut-être au VIe siècle av. J-C. – et que les Romains n’ont pas reconstruit après l'annexion de l'Afrique à l'empire romain, nous léguant ainsi un espace urbain, celui d’une petite cité qui n’a pas encore été identifiée, typiquement punique.

Apparemment abandonnée après sa destruction par le consul romain M. Atilus Regulus en 256 av. J.C avant d’être redécouverte au début des années 50 du siècle dernier, la ville avait été pour ainsi dire arasée. Mais les vestiges nous offrent aujourd’hui le plan d’une cité typiquement punique, avec le tracé très net de maisons dotées de toutes les commodités (baignoires et fours compris), décorées de pavements de mosaïques primitives dont l’une figurant la déesse punique Tanit. Cité côtière, Kerkouane a été dotée d’un port dont subsistent encore quelques tronçons ; elle devait s’adonner au commerce avec d’autres ports méditerranéens vers lesquelles elle exportait des produits agricoles mais aussi artisanaux, à l’instar de tissus teint en pourpre, des installations de fabrication de cette substance ayant été découvertes près de la côte, de même que les boutiques d’un quartier commerçant. Un musée regroupant quelques objets découverts sur le site, a été érigé à l'entrée.


6.  Le Site archéologique d’Utique :

Le site archéologique d’Utique, qui couvre une superficie des plus modestes, est aujourd’hui situé à 12 km de la mer par suite du rembloiement deltaïque de l'embouchure du fleuve Medjerda. Il comporte quelques édifices en surface, en particulier cette superbe « maison de la cascade », mais aussi d’autres maisons, des temples, un forum, des thermes, les traces de théâtres, cirques, amphithéâtres, etc.

Moins spectaculaire mais plus important, peut-être, le niveau souterrain qui a été dégagé et qui a mis au jour une nécropole punique. Des sépultures remontant jusqu’au VIIe siècle av. J-C. ont livré un précieux mobilier funéraire qui nous renseigne sur les croyances qui prévalaient à cette époque ainsi que sur le genre de vie de la population et de ses activités etc.


7.  Le site archéologique de Sbeïtla « Sufetula » :

Le site antique de Sufetula est, en partie, intégré dans la ville de Sbeïtla qui, près d’un millénaire et demi après, lui a succédé comme l’une des principales villes de la Haute Steppe. Même si le toponyme Sufetula indique une fondation bien antérieure, les vestiges mis au jour sur le site ne remontent pas plus haut que le 1e siècle après J.C.

Le site de Sufetula est le premier à avoir été doté d’un éclairage dynamique et d’une signalétique complète.


8.  Le Site archéologique de Chemtou :

A peine 16 km séparent Chemtou de Bulla Régia. Ici comme là bas, nous sommes au cœur du pays numide. L’antique Simitthu était surtout connue pour ses carrières de marbre jaune et rose, le fameux gialo numidicum qui entrait dans la décoration de tous les édifices de prestige (temples, palais, riches demeures…) à travers l’espace méditerranéen antique. Et l’exploitation de cette richesse a engendré l’émergence puis l’épanouissement d’une cité dont subsistent les monuments (villas, basilique judiciaire, théâtre, aqueduc, pont, etc) qui constituent aujourd’hui la partie visible d’un patrimoine dont l’essentiel reste à découvrir. Le site se compose de deux grandes parties : la carrière, avec ses installations industrielles, ses cantonnements pour main d’œuvre et pour la garnison militaire, et la cité de Simitthu.


9.  Le Site archéologique de Gigthis :

Ce site antique se situe dans le sud-est du pays, en bordure du golfe de Boughrara qui forme, avec la complicité de l’île de Djerba, une véritable mer intérieure propice à la pêche, mais aussi aux échanges avec le reste de la Méditerranée. Comptoir maritime, donc, comme en attestent les restes d’installations portuaires aujourd’hui éloignées du rivage, et celà, depuis la plus haute Antiquité, comme en témoignent la présence de nécropoles puniques au nord et au nord-ouest de la cité, mais aussi un important carrefour routier reliant l’arrière-pays à la côte et le Sud aux profondeurs du domaine saharien. Cela explique l’étendue du site, surprenante aux confins du désert, ainsi que la somptuosité de ses nombreux monuments tant sacrés que profanes.


10.  Le Site archéologique d’Uthina :

L’antique cité d’Uthina se situe à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale, à l’endroit dit Oudhna, au faîte d’une éminence qui domine les principales voies d’accès à Carthage venant du sud et de l’ouest du pays. Sa fondation semble remonter à l’époque libyque (ou berbère) comme en atteste sa toponymie. Au gré des fluctuations de l’Histoire, elle a été punicisée puis romanisée, avant les deux brèves tutelles vandale et byzantine – près d’un siècle chacune préludes à un déclin définitif après la conquête arabe au VIIe siècle. Le site sauvegardé s’étend sur une centaine d’hectares. Il est « capitonné » d’imposants édifices remontant à l’époque romaine et actuellement en cours de dégagement et de consolidation. Ce sont : le capitole, le plus grand d’Afrique, aménagé sur trois niveaux ; deux groupes de citernes à très forte capacité ; de grands thermes publics et de petits thermes privés ; les vestiges de demeures patriciennes, un amphithéâtre en partie encastré dans le sol et d’une capacité d’accueil initiale supérieure à 10.000 spectateurs.